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Leucémie aiguë myéloblastique : plusieurs marqueurs génétiques associés au pronostic   le 05/05/2008

05/05/2008 (APM Santé) - Plusieurs marqueurs génétiques associés au pronostic dans la leucémie aiguë myéloblastique cytogénétiquement normale ont été identifiés par des chercheurs allemands.

La LAM est un cancer génétiquement hétérogène. Le caryotype fournit un élément important de pronostic, mais près de la moitié des LAM ne présentent pas d'anomalie chromosomique. Ces cas cytogénétiquement normaux sont actuellement classés dans le groupe à risque intermédiaire, rappellent Richard Schlenk de l'hôpital d'Ulm et ses collègues.

Ces dernières années, des mutations dans plusieurs gènes ont été identifiées. Elles semblent associées au pronostic mais leur effet sur l'efficacité des traitements n'était pas déterminé.

Les chercheurs ont donc étudié ces mutations, dans les gènes NPM1, FLT3, CEBPA et MLL, chez 872 patients présentant une LAM cytogénétiquement normale, âgés de moins de 60 ans, qui avaient été inclus dans quatre essais cliniques.

Deux caractéristiques ont été associées à une augmentation des chances de rémission avec le traitement d'induction, ainsi qu'à une division par deux du risque de récidive ou décès après la rémission: il s'agit d'une mutation dans CEBPA, ainsi que d'une mutation dans NPM1 lorsqu'une autre anomalie, la duplication en tandem dans FLT3, est absente.

En revanche, une duplication partielle en tandem dans le gène MLL n'aurait d'effet sur les chances de rémission mais serait associée à une augmentation de 56% du risque de récidive ou de décès après la rémission.

Par ailleurs, chez les 150 patients ayant reçu une greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques, il s'avère que ce traitement n'a apporté de bénéfice que pour les patients ne présentant pas les deux caractéristiques ayant un effet favorable sur la rémission.

"Nos résultats fournissent une base pour affiner la classification du risque des LAM", estiment les auteurs. Ainsi, les LAM cytogénétiquement normales portant la mutation dans NPM1, sans la duplication dans FLT3, ou la mutation dans CEBPA "ne devraient plus être classifiées comme à risque intermédiaire mais comme à risque favorable". Et "les patients présentant un mutant NPM1 sans duplication dans FLT3 ne devraient pas bénéficier d'une transplantation en traitement de première ligne".

Ils concluent que dès le diagnostic de LAM, la recherche de mutations dans NPM1, CEBPA et FLT3 devrait faire partie de l'évaluation initiale.

(New England Journal of Medicine, 1er mai, vol.358, n°18, p.1909-1918 & édito p.1960-1962)


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