Oncogériatrie

Le cancer du sujet âgé est un problème de santé publique

L’incidence du cancer augmente régulièrement au cours de la vie. Le cancer est donc, surtout, une pathologie du sujet âgé.

En 2015, 233 943 nouveaux cas de cancer sont estimés chez les personnes âgées de 65 ans et plus en France métropolitaine, soit 60,9 % des cancers diagnostiqués tous âges confondus.

La survie varie considérablement selon la localisation du cancer. La survie nette est la survie que l’on observerait si le cancer était la seule cause de décès.

La survie nette à 10 ans pour un cancer de la prostate est de 61 % pour les 75-84 ans et de 32 % pour les 85 ans et plus, alors qu’elle est de 83 % pour les 55-64 ans et de 79 % pour les 65-74 ans. Le pronostic moins bon chez les sujets âgés s’explique par un diagnostic plus tardif et des comorbidités limitant le traitement curatif.

En 2015, 112 596 décès par cancer sont estimés chez les personnes âgées de 65 ans et plus, dont 55,6 % chez l’homme, soit 75,3 % du total des décès par cancer.

Pour les personnes âgées de 85 ans et plus, 35 933 décès par cancer sont estimés, soit 24 % de l’ensemble de la mortalité par cancer.

Chez l’homme, les cancers du poumon (13 752 décès), de la prostate (8 350 décès) et du côlon-rectum (7 633 décès) représentent 47,5 % des décès par cancer dans la tranche d’âge des 65 ans et plus.

Chez la femme, les cancers du sein (8 462 décès), du côlon-rectum (7 280 décès) et du poumon (5 704 décès) représentent 42,9 % des décès par cancer dans la tranche d’âge des 65 ans et plus.

Sources : INCa http://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/L-organisation-de-l-offre-de-soins/Oncogeriatrie/Epidemiologie

 

Oncogériatrie : principes

La prise en charge du cancer chez un sujet âgé de plus de 70 ans est souvent plus complexe par rapport à un sujet plus jeune. En effet, il faut tenir compte du vieillissement de l’organisme, mais également de la présence éventuelle de maladies associées (comorbidités), qui peuvent avoir un impact sur l’évolution de la maladie cancéreuse, et sur le traitement spécifique du cancer.

La population âgée étant extrêmement hétérogène, il convient d’analyser cet état de santé.

L’Evaluation Gériatrique Appronfondie (EGA) est la méthode la mieux validée pour déterminer l’état de santé d’un individu âgé Terret C, J Clin Oncol 2007. Elle a une influence directe sur le traitement oncologique du cancer. Une amélioration de la qualité de vie est retrouvée. Extermann M Crit Rev Oncol Hematol 2004

De fait, depuis plusieurs années, les deux spécialités médicales que sont l’oncologie (cancer) et la gériatrie (personnes âgées) se sont rapprochées et travaillent conjointement. L’objectif est de garantir à tout patient âgé atteint de cancer un traitement adapté à son état grâce à une approche multidisciplinaire et multi professionnelle.

L’intérêt de cette prise en charge oncogériatrique est reconnu depuis 2003 et est inscrite depuis dans les différents Plans Cancer.

Une grille de dépistage de la fragilité, validée chez les personnes âgées de 75 ans et plus présentant un cancer ou une hémopathie maligne. Elle permet d’identifier les patients qui devraient bénéficier d’une évaluation oncogériatrique. Il s’agit de la grille oncodage G8.

L’évaluation gériatrique comporte un interrogatoire complet et un examen médical. Des échelles d’évaluation complètent la consultation. La durée d’une évaluation est de 60 à 90 minutes.

Les antécédents du patient, ses comorbidités, et ses traitements sont listés de manière exhaustive.

Le mode de vie et l’environnement social du patient sont également appréciés : type d’habitation et adaptation à l’état de santé du patient, aides familiales ou formelles, mesures de protection.

Cette évaluation permet d’apprécier l’état fonctionnel d’un patient, son autonomie dans la vie quotidienne, son état nutritionnel, thymique, et cognitif. Elle apprécie également la marche et l’équilibre du patient, et les antécédents de chute.

Pour chaque domaine évalué, il existe des grilles d’évaluation validée dans la littérature.

L’évaluation gériatrique peut être complétée par un bilan plus complet en Hôpital de Jour (HDJ) avec l’intervention d’une assistante sociale, d’une diététicienne, d’une psychologue, d’un psychiatre ou d’un kinésithérapeute.

 

Les unités de coordination et antennes d’oncogériatrie (UCOG)

Les unités de coordination en oncogériatrie ont notamment pour objectifs d’améliorer la prise en charge des personnes âgées atteintes de cancer et de rendre accessible ce dispositif sur l’ensemble du territoire. Il existe aujourd’hui 24 unités de coordination en oncogériatrie déployées sur le territoire français. Quatre antennes d’oncogériatrie (AOG) ont, par ailleurs, été créées, dans un objectif de réduction des inégalités de santé.

En Lorraine, l’UCOG Lorraine est portée par le CHRU de Nancy et l’ICL Alexis Vautrin depuis 2011, suite à un appel à projet de l’INCa  visant à soutenir le déploiement national d’unités de coordination en oncogériatrie.

Les quatre principales missions des UCOG sont de :

  •  mieux adapter les traitements des patients âgés atteints de cancer par des décisions conjointes oncologues-gériatres ;
  • promouvoir la prise en charge de ces patients dans la région afin de la rendre accessible à tous ;
  • contribuer au développement de la recherche en oncogériatrie, notamment en impulsant des collaborations interrégionales ;
  • soutenir la formation et l’information en oncogériatrie.

Sources : INCa  http://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/L-organisation-de-l-offre-de-soins/Oncogeriatrie/Les-unites-de-coordination-et-antennes-d-oncogeriatrie

 

Documents annexes

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