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Date de révision : 17 novembre 2006

Adénocarcinomes du grêle : anatomopathologie

Les carcinomes primitifs sont rares au niveau de l'intestin grêle et surviennent souvent dans le cadre de syndromes génétiques familiaux, notamment la polypose adénomateuse familiale ou dans l'évolution à long terme de maladies inflammatoires chroniques comme la maladie de Crohn.

Les tumeurs endocrines et les lymphomes sont aussi fréquents que les carcinomes primitifs dans l'intestin grêle et surviennent souvent en association avec des lésions précurseurs (maladie coeliaque, néoplasie endocrinienne multiple ..).

L'intestin grêle et le site principal des localisations métastatiques dans le tractus gastro-intestinal.

Tumeurs endocrines du grêle

Les termes de 'tumeur carcinoïde' ou de 'tumeur neuro-endocrine' encore très utilisés ne sont plus aujourd'hui considérés comme les plus adaptés. Le terme 'tumeur endocrine' remplace les autres dénominations de ces tumeurs.

Dans son acceptation la plus restreinte, le terme de carcinoïde est réservé actuellement aux tumeurs endocrines digestives associées à un syndrome carcinoïde clinique du à l'hyper-sécrétion de sérotonine (tumeurs dites fonctionnelles).

Les tumeurs endocrines du grêle sont les tumeurs endocrines digestives les plus fréquentes avec les tumeurs appendiculaires (30 % des tumeurs endocrines digestives).

Elles sont souvent multiples, localement avancées au moment du diagnostic, pouvant être responsables de symptômes obstructifs. Elles sont parfois associées à un syndrome carcinoïde, habituellement corrélé à la présence de métastases hépatiques.

Les tumeurs endocrines de l'intestin grêle présentent des différences selon leur localisation  au duodénum / jejunum proximal par rapport au jéjunum distal / iléon.

Classification OMS 2000 des tumeurs endocrines duodénales et jéjunales proximales

( ref : Solcia E, Klöppel G, Sobin LH, World Health Organization International Histological Classification of Tumours. Histological Typing of Endocrine Tumours. Second Edition. Springer, Berlin; 2000)

1-  Tumeur endocrine bien différenciée

1-1. bénigne  : non fonctionnelle, confinée à la muqueuse - sous muqueuse, sans angioinvasion, taille £ 1 cm.

tumeur produisant de la gastrine (duodénum proximal)
tumeur produisant de la sérotonine
paragangliome gangliocytique , toute taille et toute extension en zone ampullaire

1-2. de pronostic incertain  : confinée à la muqueuse / sous-muqueuse, taille > 1 cm ou angioinvasion

tumeur produisant de la gastrine, fonctionnelle (gastrinome) ou non, sporadique ou associée à la NEM-1
tumeur produisant de la somatostatine (région ampullaire), associée ou non à la NF1 (mal. de Recklinghausen)
tumeur produisant de la sérotonine, non fonctionnelle

2. Carcinome endocrine bien différencié :

Tumeur de bas grade de malignité, infiltrante (musculeuse ou plus) ou avec des métastases

carcinome produisant de la gastrine, fonctionnel (gastrinome) ou non, sporadique ou associé à la NEM-1
carcinome produisant de la somatostatine, associé ou non à la NF1 (mal. de Recklinghausen)
carcinome produisant de la sérotonine, non fonctionnelle ou fonctionnelle (quelle que soit la taille et l'invasion) avec syndrome carcinoïde
paragangliome gangliocytique malin

3.   Carcinome endocrine peu différencié - carcinome à petites cellules :

tumeur de haut grade de malignité (région ampullaire)

Classification OMS 2000 des tumeurs endocrines de l'iléon

( ref : Solcia E, Klöppel G, Sobin LH, World Health Organization. International Histological Classification of Tumours. Histological Typing of Endocrine Tumours. Second Edition. Springer, Berlin; 2000)

1. Tumeur endocrine bien différenciée

1.1. bénigne  : non fonctionnelle, confinée à la muqueuse / sous-muqueuse, sans angioinvasion, taille < ou = 1 cm.

tumeur produisant de la sérotonine
tumeur produisant de l'entéroglucagon

2.2. de pronostic incertain  : non fonctionnelle, confinée à la muqueuse / sous-muqueuse, taille > 1 cm ou angioinvasion

tumeur produisant de la sérotonine
tumeur produisant de l'entéroglucagon

2. Carcinome endocrine bien différencié :

tumeur de bas grade de malignité, infiltrante (musculeuse ou plus) ou avec des métastases

carcinome produisant de la sérotonine avec ou sans syndrome carcinoïde
carcinome produisant de l'entéroglucagon

3. Carcinome endocrine peu différencié - carcinome à petites cellules  :

tumeur de haut grade de malignité

4. Carcinome mixte endocrine - exocrine 

tumeur de grade de malignité modéré à haut

La classification OMS des tumeurs endocrines du grêle fait appel aux paramètres suivants :

morphologie tumorale : différenciation, atypies cytonucléaires
taille tumorale
envahissement de la paroi au delà de la sous-muqueuse
présence de nécrose tumorale ou non
présence d'emboles vasculaires


L'étude immuno-histochimique des sécrétions peptidiques peut être utile pour confirmer un diagnostic de tumeur fonctionnelle ou pour mettre en évidence une sécrétion réputée pour avoir une symptomatologie frustre (glucagonome, somatostatinome..)


La dénomination tumorale basée sur des syndromes ('glucagonome'.) est réservée aux tumeurs fonctionnelles s'accompagnant du syndrome clinique correspondant. Elle ne doit pas être utilisée pour des tumeurs non fonctionnelles même si les hormones sont détectées dans les cellules tumorales en immunohistochimie et/ou dans le sérum.

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