Date de révision : 8 août 2009

Dépistage et diagnostic précoce

1 – Le bénéfice d'un dépistage généralisé du cancer de prostate dans le cadre d'un programme et d'un protocole défini, et dirigé vers l'ensemble de la population n'est pas établi. Dans l'attente des résultats d'essais en cours, un tel dépistage n'est pas recommandé.

2 - Dans le cadre d'un diagnostic précoce ou d'un dépistage individuel, un toucher rectal et un dosage du PSA total sérique peuvent être proposés à l'initiative du médecin ou pour répondre à la demande d'un patient qui souhaite savoir s'il présente un risque d'être atteint de cancer de la prostate

Dans tous les cas, la démarche doit être précédée d'une information du patient sur :
les limites de ces tests de dépistage (risques de faux négatifs et de faux positifs)
l'évolution naturelle parfois prolongée de la maladie (plus de 10 ans), entre le stade précoce accessible au diagnostic et le décès lié au cancer (risque de surtraitement)
la nécessité que le traitement soit fait au stade précoce pour obtenir une guérison, mais avec un risque de séquelles liées au traitement.
 
Les indications et modalités d'un diagnostic précoce sont les suivantes :
Le toucher rectal et le dosage du PSA total sérique sont indiqués chez l'homme à partir de 50 ans et ayant une espérance de vie estimée à plus de 10 ans.
Un dépistage précoce à partir de 45 ans se justifie en cas d'antécédents familiaux de cancer prostatique (2 parents atteints et apparentés au 1er degré) ou d'origine africaine ou antillaise.
Le dosage du PSA sérique doit être réalisé à distance d'une infection urinaire (2 mois). Un rythme annuel du dosage du PSA sérique et du toucher rectal pour le diagnostic précoce est suffisant en cas de résultats non suspects. Les dosages annuels ou répétés de PSA doivent être effectués dans le même laboratoire.
Le dosage du PSA libre, permettant le calcul du rapport PSA libre/PSA total, n'est pas recommandé en première intention ; il peut améliorer le diagnostic du cancer prostatique, quand le PSA total est compris entre 4 et 10 ng/ml.
Il faut tenir compte d'une éventuelle  prise de Finasteride ou de Dutasteride (inhibiteur de 5 a reductase) susceptibles d'abaisser de moitié le taux de PSA même en cas de cancer prostatique.
 

Recommandations de l'Association Française d'Urologie (AFU) pour le dépistage individuel du cancer de la prostate si l'espérance de vie est > ou égale à 10 ans :

Un dosage du PSA sérique total et un toucher rectal tous les ans dès 50 ans et jusqu'à 75 ans (dès 45 ans si risque familial ou ethnique) :
  Si le PSA total est au dessus de la valeur normale du test ou si le toucher rectal est anormal, une consultation auprès d'un urologue est recommandée.
  Une information concernant les limites, les bénéfices et les risques du dépistage et des éventuels traitements doit être donnée avant la réalisation de ces examens.

 

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