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Date de création : 18 juin 2007
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Alimentation et eau de boisson en établissement de santé
Généralités
Cette partie concerne l'alimentation des patients cancéreux, potentiellement immunodéprimés, pris en charge dans un établissement de soins.
Le risque alimentaire est lié à l'état du malade, par le biais de la translocation digestive, mais dépend également du germe ingéré.
Risque lié au malade :
Le tube digestif représente une population de 1014 micro-organismes. Cette barrière est franchissable, même en conditions normales : le passage des germes au travers de la muqueuse digestive, ou translocation, est un phénomène physiologique et sans conséquence chez l'immunocompétent. En revanche, chez le patient cancéreux, ce risque est accru du fait de l'altération de l'intégrité anatomique, physiologique, microbiologique du tube digestif et présente une réelle gravité en cas de neutropénie.
Risque lié au micro-organisme :
La translocation digestive est rarissime pour les germes anaérobies, modérée pour les Staphylococcus sp , Streptococcus sp et levures, mais concerne surtout les bacilles à Gram négatif normalement présents dans le tube digestif (entérobactéries) ou occasionnels et sélectionnés par une antibiothérapie préalable ( Pseudomonas aeruginosa , Klebsiella sp , Enterobacter sp ). Parmi tous ces germes, le P. aeruginosa est le plus invasif.
Les Aspergillus sp , quant à eux, contaminent la plupart des aliments et particulièrement le poivre, le thé, les potages lyophilisés et les fruits. Bien que moins fréquente que la voie aéroportée, la porte d'entrée digestive est connue.

Qualité microbiologique requise de l'alimentation des patients immunodéprimés (accord d'experts)
Cette partie n'aborde pas la quantité d'aliments à fournir (cf. référentiel "Nutrition" et "CAT devant une neutropénie").
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Groupe R11 |
Groupe R2 1 |
Groupe R3 1 |
Groupe R4 1 |
Objectif souhaité |
Conformité à la réglementation
Absence de germes pathogènes
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Précautions alimentaires |
 Pas de mesure particulière
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Alimentation non-stérile
Exclusions alimentaires (1)
Utilisation préférentielle d'aliments cuits préparés selon les bonnes pratiques HACCP (2)
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Alimentation stérile
Exclusions alimentaires (1)
Utilisation préférentielle d'aliments cuits préparés selon les bonnes pratiques HACCP(2)
PUIS Assainissement (3) des aliments
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Surveillances des aliments |
 Pas de mesure particulière
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 Surveillance régulière de la qualité microbiologique des aliments donnés. Pas de périodicité établie.
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Questions/réponses : Quelles sont les modalités pratiques (4) de mise en place d'une alimentation contrôlée ?
1 Stratification de la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer (FNCLCC), Standards, Options et Recommandations pour la surveillance et la prévention des infections nosocomiales en cancérologie, 26 juin 2000.

1) Exlusions alimentaires
Aliments autorisés |
Aliments à supprimer |
Laits stérilisés UHT
Fromages à pâte cuite, emballés individuellement (type crème de gruyère, gruyère, gouda.)
Fromages frais stérilisés, crème fraîche UHT
Laits gélifiés
Yaourts longue conservation, desserts lactés en conditionnement individuel
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Tous les autres fromages (fermentés, à moisissures), yaourts, petit suisses, fromages blancs
Autres desserts lactés en vrac (crème pâtissière, mousse au chocolat.)
Produits lactés non stérilisés |
Plats préparés en conserve (appertisés ou UHT)
Aliments cuits selon la norme HACCP (2) => bien cuits, sans sauce, et servis couverts |
Viande non suffisamment cuite, saignante
Viande hachée, farce.
Charcuterie, jambon
Langue, abats
Oeufs
Plats préparés (ex : roulé au fromage, hachis parmentier.)
Huîtres, moules, autres coquillages Poissons crus
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Légumes verts cuits, crudités en conserve
Fruits cuits
Fruits à peau dure et intacte après désinfection (orange, pamplemousse, mandarine, melon, pastèque, mangue)
Fruits au sirop, compote de fruits en conserve (petits pots, barquettes.) |
Légumes verts crus
Fruits frais non épluchés
Attention aux fruits à peau fine, difficile à éplucher dans des conditions aseptiques
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Vinaigrette emballée, conditionnement unitaire (huile, vinaigre, sel) |
Mayonnaise (sauf conditionnement unitaire) |
Céréales
Pain-biscuits secs en sachets individuels
Viennoiseries nature (croissants, brioches.)
Pâtisseries sans crème
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Tous les autres biscuits
Toutes les autres viennoiseries
Pain artisanal
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| Sorbets industriels
Barres chocolatées
Chocolats (menthe, pralins, crème)
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Glaces, crèmes glacées
Chocolats fourrés
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De manière générale, préférer les petits conditionnements unitaires (confitures, beurre, compotes ... mais aussi vinaigrette, ketchup, moutarde...)
Les aliments ci-dessous sont à proscrire : épices, poivre, thé, tisanes, potages lyophilisés, chocolats instantanés.

(2) Méthode HACCP
Le respect de la démarche HACCP dans les cuisines collectives est une obligation réglementaire.
La démarche HACCP (Harzard Analysis and Control of Critical Points) définit les règles minimales à suivre lors de la préparation des aliments pour l'ensemble des malades. Elle consiste en une analyse poussée du processus de préparation des plats, afin de déterminer, d'évaluer, puis de contrôler les dangers qui ont une importance critique pour la salubrité des aliments.
(3) Méthode d'assainissement des aliments
Définition de la notion d'assainissement
La stérilité des aliments au sens de la Pharmacopée est extrêmement difficile à atteindre en dehors des conserves appertisées et des produits UHT.
Méthodes utilisées :
La chaleur : autocuiseur, autoclave à vapeur
La radappertistion = assainissement à froid (rayons gamma, rayons X, faisceaux d'électrons). Notion de 40 KGy (alors que réglementation = 10 -- > demande spéciale)
Préparation des aliments sous flux laminaire ?
(4) Modalités pratiques de mise en place d'une alimentation contrôlée :
Questions-réponses :
Faut-il mettre en place une décontamination digestive ?
Quel type de vaisselle doit être utilisé ?
Y-a-t-il des règles à respecter lors de la distribution des repas ?
Quels sont les conseils à donner au patient ?
Quelle est la durée de maintien de l'alimentation contrôlée ?
Décontamination digestive
La mise en place d'une alimentation stérile (groupes R3 et R4) est obligatoirement associée à une décontamination digestive.
Les deux modalités doivent être mises en place le même jour.
Un contrôle de l'efficacité de la décontamination digestive est nécessaire une fois par semaine.
Vaisselle utilisée
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Groupe R11 |
Groupe R2 1 |
Groupe R3 1 |
Groupe R4 1 |
Type de vaisselle à utiliser |
Pas de recommandations particulières |
Vaisselle propre (désinfection de bas niveau)
ou
Vaisselle à usage unique |
Vaisselle stérile |
1 Stratification de la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer (FNCLCC), Standards, Options et Recommandations pour la surveillance et la prévention des infections nosocomiales en cancérologie, 26 juin 2000.
Distribution des repas
Protocoles de distribution des repas spécifiques, avec précautions d'hygiène renforcées :
Dans l'office
Contrôler les stocks et les dates de péremption chaque jour
Nettoyer l'office alimentaire au minimum une fois par semaine
Ne pas laisser un plateau monté de la cuisine centrale plus de 2 heures (même dans un chariot chaud ou au réfrigérateur)
Pendant la disctribution
 Distribuer les plateaux repas en priorité aux patients en chambre propre
 Ne pas soulever le couvercle du plat chaud dans le couloir
 Limiter la manipulation à mains nues des ustensiles, plats.
 N'ajouter sur le plateau que des denrées à conditionnement individuel
 Ne pas préparer le thé ou l'infusion trop à l'avance, sinon le recouvrir d'une assiette propre/d'un champ stérile pour acheminement
Après la distribution
Ne jamais laisser une bouteille d'eau, thé, café, yaourt, dessert lacté (ouvert ou non) plus de 4 heures dans la chambre du patient
Débarrasser le plateau repas dès la fin du repas, ne pas le laisser dans la chambre au-delà de 2 heures
Jeter les restes des plateaux repas non consommés par les patients
Education du patient
Le patient ne doit pas accepter d'aliments extérieurs sans l'accord des soignants.
Maintien de l'alimentation contrôlée
Maintien des précautions pendant une durée variable. L'alimentation orale pourra être diversifiée :
soit à la sortie de l'aplasie,
soit après 3 - 4 semaines d'aplasie (si autogreffe) ou 100 jours d'aplasie (si allogreffe),
Remarque : protocole du centre Léon Bérard : 10 jours après aplasie si aucune prise alimentaire pendant aplasie, sinon dès la sortie d'aplasie
Critères de sortie d'aplasie :
Polynucléaires Neutrophiles > 500 / mL ou
Pendant 2 jours de suite : numération de 1500 Globules Blancs - 500 Polynucléaires Neutrophiles et apyrexie
/mL

Qualité requise de l'eau de boisson pour les patients immunodéprimés
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Groupe R11 |
Groupe R2 1 |
Groupe R3 1 |
Groupe R4 1 |
Type d'eau de boisson autorisé |
Eau du réseau |
Eau bouillie
ou
Eau embouteillée |
Autres boissons |
Pas de recommandations particulières |
Conditionnement unitaire |
1 Stratification de la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer (FNCLCC), Standards, Options et Recommandations pour la surveillance et la prévention des infections nosocomiales en cancérologie, 26 juin 2000.
Liste des boissons à privilégier :
Eaux en bouteilles petit conditionnement (contrôle régulier)
Boissons individuelles conditionnées (briquettes de jus de fruits ou de laitages UHT)
Chocolat en poudre testé (Nesquik®)
Bouteille d'eau ouverte de moins de 4 heures
Centre Léon Bérard : Volvic® ou Badoit® uniquement
Remarque : le thé et les infusions sont à éviter (risque aspergillaire) ; si toutefois le patient en demande absolument, les préparer juste avant consommation, avec de l'eau bouillante.
Attention, l'eau embouteillée n'est pas stérile et peut contenir des germes.
Respecter des règles d'hygiène spécifiques :
changer le verre du patient 2 à 3 fois par jour,
renouveler les bouteilles d'eau matin, midi et soir au minimum
(utiliser de petits conditionnements).
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