Page modifiée le : 21 avril 2010

Recommandations pour la reconstruction mammaire (RM)

  Il existe à ce jour 6 techniques opératoires validées de reconstruction du sein :

   prothèse mammaire seule d'emblée

   prothèse mammaire après expansion cutanée

   lambeau de muscle grand dorsal avec prothèse

   lambeau de muscle grand dorsal sans prothèse dit "autologue"

   lambeau de muscle grand droit de l'abdomen (TRAM)

   lambeau cutanéograisseux de l'abdomen microanastomosé (DIEP).

Ces techniques diffèrent entre elles par la lourdeur de l'intervention, les risques de complications et d'échec (plus nombreux en cas de tabagisme) et la qualité du résultat esthétique. Elles nécessitent toutes une bonne expérience de la part du chirurgien ; certaines demandent en outre une compétence spéciale (DIEP) ou un environnement hospitalier adapté (TRAM).

  La reconstruction du sein peut être réalisée selon 2 modalités : RMI ou RMS.

  La reconstruction mammaire immédiate (RMI) est réalisée en même temps que la mammectomie.
Indications de la RMI
: on admet généralement qu'une RMI peut être proposée à toute femme qui ne devrait pas subir de radiothérapie postopératoire, car la radiothérapie altère fortement la qualité de toute reconstruction. Les indications idéales sont : mastectomie prophylactique, carcinome in situ étendu, récidive de traitement conservateur, traitement conservateur d'un carcinome canalaire infiltrant, dont les berges contiennent du carcinome in situ, la RMI intervenant alors à la fin de la séquence chimio-radiothérapie (mastectomie dite "de clôture"). La mammectomie est totale avec ou sans préservation de l'étui cutané mais avec ablation systématique de la PAM en cas de carcinome mammaire. Cependant, en cas de mastectomie prophylactique, la conservation de la PAM peut se discuter à la demande de la patiente. Une radiothérapie postopératoire prévisible n'est pas une contre-indication absolue à la RMI : dans ce cas il est recommandé d'utiliser un lambeau musculaire ou cutanéograisseux (muscle grand dorsal, TRAM ou DIEP). Si une radiothérapie est finalement nécessaire après l'analyse histologique du sein, son efficacité n'est pas altérée par la présence de l'implant mammaire. La patiente doit néanmoins être prévenue du risque élevé de coque périprothétique.

  La reconstruction mammaire secondaire (RMS) est alors réalisée au plus tôt 6 à 12 mois après la fin des traitements complémentaires (radio ou chimiothérapie) et en particulier de la radiothérapie pariétale.
Indications de la RMS
: chaque femme peut bénéficier d'une RMS quel que soit le stade de la maladie. Seuls doivent être pris en compte dans la décision, la motivation et l'état général de santé, car la reconstruction chirurgicale est une nouvelle épreuve physique et morale pour la patiente. Le chirurgien qui va pratiquer la reconstruction doit avoir connaissance de l'histoire de la maladie et informer les praticiens impliqués dans la surveillance.

  En matière de matériovigilance, voir les recommandations de l'AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) relatives aux implants mammaires en gel de silicone "Poly Implant Prothèse".

 

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