|
Date de révision
: 31 décembre 2008 |
Traitements
Seront successivement abordés les points
suivants :
- Le traitement des formes localisées
- Certains problèmes particuliers : coelio-chirurgie, chirurgie partielle, geste sur la surrénale,
curage ganglionnaire, embolisation pré-opératoire,
examen extemporané, tumeur bilatérale, tumeur
du sujet fragile, transplantation rénale, thrombus
cave et radiothérapie locale.
- Le traitement des formes métastatiques
- Le traitement systémique
- Les facteurs pronostiques cliniques
Traitement
des formes non métastatiques
Le traitement chirurgical est le traitement à visée curative de référence pour les cancers du rein.


Questions
particulières
Place de la coelio-chirurgie
:
Cette voie d'abord peut être utilisée pour la chirurgie des tumeurs localisées T1-T2N0, pour la réalisation de néphrectomies élargies ou dans certains centres experts pour les néphrectomies partielles.
Place de la chirurgie partielle : (T1 N0 M0)
Elle peut être proposée pour préserver la fonction rénale :
si
elle répond à certains impératifs carcinologiques
et chirurgicaux (petite lésion, unique,
de siège permettant une néphrectomie partielle
avec une marge minimale de sécurité : T1a ou T1b exophytique ou tumeur sur rein unique)
Faut-il retirer la surrénale
?
Il n'est pas indispensable de réaliser une surrénalectomie avec la néphrectomie élargie, sauf en cas de volumineuse tumeur du pole supérieur ou d'anomalie surrénalienne au scanner pré-opératoire ou en per-opératoire.
Faut-il un curage ganglionnaire
? de quelle importance ?
Son
intérêt thérapeutique est discuté.
Une
lymphadénectomie hilaire est toujours réalisée
lors de la néphrectomie élargie.
Il n'est pas prouvé que la lymphadénectomie régionale apporte une amélioration pronostique.
La
lymphadénectomie permet une stadification précise
de la maladie et peut avoir un intérêt thérapeutique
dans les atteintes ganglionnaires microscopiques.
Indications de l'embolisation
pré-opératoire :
Elle sont exceptionnelles. L'embolisation peut être
réalisée en pré-opératoire immédiat
en cas de grosse tumeur avec shunt artério-veineux
ou de tumeur hémorragique.

Traitements mini-invasifs non chirurgicaux(traitements ablatifs) :
Chez les patients porteurs d'une tumeur localisée contre-indiquée pour un traitement chirurgical (après RCP).
Radiofréquences : tumeurs périphériques, préférentiellement de moins de 3 cm, chez des patients pouvant supporter une anesthésie générale.
Cyberknife, cryoablation : indications spécifiques.
Examen extemporané :
L'examen extemporané n'est pas indispensable.
Indications :
pour
apprécier les limites d'exérèse
lors d'une chirurgie partielle,
pour
apprécier si possible la nature histologique de la tumeur.
Echantillon :
adressé
à l'état frais entre deux compresses humides,
la
taille doit être supérieure à 10 mm dans sa grande dimension. Ne
pas prélever à l'aiguille biopsique.
Tumeur bilatérale :
La chirurgie partielle bilatérale ou unilatérale
associée à une néphrectomie élargie
controlatérale est préférée à
une néphrectomie bilatérale et mise en dialyse
lorsque cela est possible.
Une chirurgie ex situ peut être discutée.
Tumeur du rein chez
le sujet fragile ?
Il n'y a pas d'alternative validée de radiothérapie
ou d'immunothérapie chez un sujet fragile non
opérable. En RCP peut être discutée une indication de traitement ablatif non chirurgical.
Possibilités
de transplantation rénale après néphrectomie
de rein unique ?
Un recul de deux ans est le délai admis avant inscription
sur une liste de transplantation.
Chaque cas est discuté en fonction du stade TNM et de l'histologie de la tumeur.
Thrombus cave :
La
hauteur du thrombus peut être appréciée
avec précision au scanner ou à l'IRM. L'extension
à la paroi veineuse est plus difficilement identifiable.
Un
thrombus flottant sous-diaphragmatique peut être opéré
par voie abdominale ; une extension pariétale cave
ou sus-diaphragmatique nécessite une chirurgie spécialisée
avec possibilité de CEC.
Place de la radiothérapie locale
:
L'irradiation
préopératoire n'a pas d'intérêt.
Il
n' y a pas lieu de faire une irradiation adjuvante.

Traitement des formes métastatiques
Groupes pronostiques de Motzer
Facteurs de risque pronostique d'évaluation de la survie selon la classification du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center (MSKCC), publiée par R.J.Motzer.
Groupes pronostiques de Motzer |
1 |
Indice de Karnofsky de 60 ou 70 |
2 |
Taux sérique élevé de lactate deshydrogénase (>1,5 fois la limite supérieure de la normale) |
3 |
faible taux d'hémoglobine (<limite inférieure de la normale) |
4 |
Taux sérique élevé de calcium (>10mg/dl) |
5 |
Délai entre le diagnostic initial et le traitement (randomisation) <1 an |
6 |
Nombre de sites métastatiques > ou = 2 |

Groupes pronostiques cliniques :
Bon pronostic = patient présentant 0 facteur de rsique
Pronostic intermédiaire = patient présentant 1 à 2 facteurs de risque
Mauvais pronostic = patient présentant 3 à 6 facteurs de risque.
Intérêt de la néphrectomie
?
Une néphrectomie peut être proposée en cas de maladie métastatique, avant traitement général, en particulier en cas de tumeurs rénales symptomatiques (douleurs, hématuries non contrôlées...).(Validation RCP de principe).
Chirurgie des métastases
En
cas de métastases métachrones : une chirurgie
d'exérèse pourra être proposée
d'emblée en cas de métastase unique, en
particulier pulmonaire ou ganglionnaire,
En
cas de métastase cérébrale unique : une
chirurgie d'exérèse suivie de radiothérapie
est recommandée ; en cas de métastase cérébrale
unique inférieure à 3 cm inopérable,
une irradiation stéréotaxique peut être
envisagée,
En
cas de métastase unique synchrone : discuter l'indication
de néphrectomie et de
métastasectomie dans le même temps ou en deux
temps,
Chirurgie
d'exérèse des métastases après
traitement systémique et réponse objective au traitement
: indication éventuelle d'exérèse
d'une ou plusieurs métastases, en particulier
pulmonaires.

Traitement
systémique
Il
n' y a aucune indication à un traitement systémique
adjuvant après néphrectomie chez les patients
quel que soit le risque de rechute, y compris après
exérèse d'une métastase unique, hors étude clinique.
La
seule indication des traitements systémiques est la
forme métastatique :
les
adénocarcinomes rénaux sont des tumeurs non
chimio-sensibles,
l'immunothérapie
garde comme seule indication la maladie métastatique pulmonaire (seul site métastatique) chez un patient en très bon état général (OMS=0).
les inhibiteurs de l'angiogenèse (Sunitinib, Sorafenib) sont les molécules de référence actuelles pour le traitement de la maladie métastatique. Une surveillance appropriée des patients est recommandée au cours de ces thérapeutiques. L'efficacité de ces molécules en cas d'atteinte du système nerveux central n'a pas été démontrée.
Les patients présentant une situation de maladie métastatique de mauvais pronostic (groupe pronostiques de Motzer) peuvent se voir proposer un traitement par un inhibiteur de m-Tor (Temsirolimus), (Amm en 1ère ligne thérapeutique en décembre 2007).
D'autres molécules ou associations thérapeutiques sont en cours d'évaluation.
Il est recommandé de traiter ces patients dans le cadre de protocoles d'évaluation prospectifs.
|