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Date de révision : 19 septembre 2004

Données épidémiologiques sur le cancer en Lorraine

La place du cancer parmi les causes de mortalité

Avec 5 830 décès en 1999, les cancers représentent la deuxième cause de mortalité en Lorraine, après les maladies cardiovasculaires. Ils sont la première cause de décès chez les hommes (32 %) et la seconde chez les femmes (23 %). Si l'on considère la mortalité prématurée, avant 65 ans, le cancer est la première cause de décès (39 %). Les causes de décès par cancer les plus fréquentes sont, par ordre décroissant, en 2000 : le cancer du poumon, le cancer colo-rectal, le cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS), le cancer du sein, le cancer de la prostate.

La Lorraine se caractérise par une surmortalité par cancer par rapport à la moyenne nationale en particulier chez les hommes puisque l'Indice Comparatif de Mortalité pour le cancer est de 109,7 alors que chez les femmes, il est de 102,9. La Lorraine se situe ainsi au 4e rang des régions présentant une surmortalité par rapport à la France après le Nord-Pas de Calais, la Haute-Normandie et la Picardie. Le cancer du poumon est la cause principale de cette surmortalité (82% des cas chez les hommes et 50% chez les femmes).

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Incidence estimée en 2000 et évolution depuis 1978

Les données d'incidence estimée pour l'année 2000 confirme la position péjorative de la Lorraine. Avec 11 450 nouveaux cas de cancer en 2000, elle se situe au 7e rang des régions classées par ordre d'incidence standardisée décroissante.

La répartition des nouveaux cas et des décès par localisations est indiquée dans le tableau suivant.

Chez les hommes, le cancer de la prostate est le plus fréquent (22,4 % des nouveaux cas de cancer). Le cancer du poumon et les cancers des voies aéro-digestives supérieures (pharynx, larynx, oesophage) représentent chacun environ 17 %, le cancer colorectal 12 %. Chez les femmes, le cancer du sein représente le tiers des cancers, le cancer colorectal 15 %, les cancers du corps et du col de l'utérus près de 8 %.

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Evolution de l'incidence et de la mortalité depuis 1980

Au cours des 20 dernières années, l'incidence des cancers a augmenté de 61 %, passant de 7 103 nouveaux cas par an en 1980 à 11 436 en 2000. Cet accroissement est dû en partie au vieillissement de la population et aussi aux risques spécifiques de cancers qui ont augmenté de 35 % pendant cette période.

Chez les femmes, l'augmentation est essentiellement due au cancer du sein (+ 2,4 % par an) qui atteint 1567 nouveaux cas en 2000. Il en est de même des cancers du poumon (+ 4,4 % par an), en raison de la croissance importante du tabagisme chez les femmes. L'augmentation des cancers de la thyroïde (+ 4,8 % par an) est surtout liée à l'évolution des pratiques diagnostiques et à la modification de la classification de ces tumeurs (à ce jour, aucun élément ne permet de penser qu'il s'agit d'un effet de l'accident nucléaire de Tchernobyl). D'autres localisations diminuent, notamment le cancer du col utérin (- 2,9 % par an), en relation avec l'amélioration de l'hygiène et la pratique du frottis cervico-utérin.

Chez les hommes, l'augmentation des nouveaux cas de cancers de la prostate (+ 5,3 % par an) explique à elle seule 68 % de l'augmentation des cancers durant cette période. Ceci est lié au vieillissement de la population et aux pratiques de dépistage. En revanche, les cancers des VADS deviennent moins fréquents en relation avec la baisse de l'alcoolisme en France ; il en est de même de leur mortalité.

Pour les deux sexes, on observe une forte augmentation d'incidence du mélanome (+ 4,5 % par an), liée aux pratiques d'exposition au soleil, avec un risque particulier dans les cohortes jeunes. On observe également une augmentation de l'incidence des lymphomes malins non hodgkiniens (LMNH) et des cancers colo-rectaux (1,1 % par an), du fait des actions de dépistage, tandis que leur mortalité est restée stable. En revanche, les cancers de l'estomac ont connu une évolution favorable (baisse de l'incidence et de la mortalité).

La mortalité par cancer a augmenté de 20 %, passant de 4 860 décès en 1980 à 5 830 en 2000. Cette augmentation, inférieure à celle attendue du fait du vieillissement de la population, correspond en fait à une diminution du risque de décès estimée à environ 8 %, plus marquée chez la femme que chez l'homme. Cette diminution s'explique par la baisse de l'incidence des cancers de l'estomac et des cancers des VADS chez l'homme et des cancers du col chez la femme. La baisse de la mortalité du cancer colo-rectal, malgré une augmentation de son incidence, y contribue également.

En conclusion, au cours des 20 dernières années, on note une évolution quantitative et qualitative importante, du poids du cancer en France. La diminution des expositions, le diagnostic plus précoce et les progrès thérapeutiques expliquent en partie cette situation. D'une façon générale, on note une tendance vers une distribution avec moins de cancers agressifs.
L'augmentation globale de l'incidence des cancers de l'adulte, couplée à la modification de la distribution par sites primaires, conduisent à renforcer les campagnes de prévention et de dépistage et à soutenir les actions de coordination de la prise en charge globale des patients : égal accès à des soins de qualité et aux innovations diagnostiques et thérapeutiques.

Visionnez le document intitulé "Aspects épidémiologiques - Incidence et mortalité des cancers en France et en Lorraine" présenté par le Dr B. Lacour lors de la journée Oncodent du 27 mai 2004

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